Commémoration journée de la femme 8 mars 2010 à Tougan- une forte mobilisation

Publié le 13 Mars 2010

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8-MARS A TOUGAN
Extrait du Les Editions Le Pays
http://www.lepays.bf
 Archives - Le Pays N4574 du mercredi 17 mars 2010 -
Date de mise en ligne : mardi 16 mars 2010

8-MARS A TOUGAN
Le 8 mars dernier, les femmes de la Boucle du Mouhoun se sont donné rendez-vous à Tougan, chef lieu de la province du Sourou pour commémorer la 153ème journée à elles dédiées.
A travers plusieurs activités, elles se sont engagées à faire de l'alphabétisation leur cheval de bataille, gage d'un véritable épanouissement. Placée sous le parrainage de Chantal Ki , vice présidente de l'association Sourou Nafa, cette journée de l'autre moitié du ciel a permis à 42 couples de régulariser leurs situations.
Grosse, grosse ambiance en cette matinée du 8 mars 2010 à Tougan.
De mémoire de femme, cest la toute première fois que la mobilisation n'a pas failli. Venues de toutes les communes du Sourou et du Nayala, mais aussi des quatre coins du Burkina, ces femmes n'avaient qu'un seul dénominateur commun. Celui de faire de la commémoration de la journée internationale de la femme, la 153ème du genre à Tougan, un moment essentiel d'échange, de communion et de partage sur leurs conditions de vie et d'existence. Cela s'est traduit à travers des conférences publiques, des activités rémunératrices de revenus notamment une foire aux poissons, des journées de salubrité, de causeries débats et le sport.
Selon la coordinatrice provinciale des femmes du Sourou, Mariam Yéyé, le thème de la présente journée «femme, alphabétisation et éducation non formelle» est une interpellation pour l'ensemble de la société. C'est pourquoi elle a invité ses sSurs à tout mettre en Suvre pour consolider les acquis et envisager des perspectives dans la lutte pour la promotion de la femme. Toujours selon elle, ces dernières années, les femmes ont pris leur destin en main à travers les associations et groupements de tout genre en vue de réduire l'ignorance et la pauvreté et aussi de combattre l'obscurantisme. Ces efforts, se convint- elle sont sans doute perceptibles, mais beaucoup reste toujours à faire dans la région et surtout dans la province du Sourou. Pour étayer ces propos, elle a cité comme exemple la difficulté du maintien des filles au secondaire. Beaucoup n'atteignent pas la troisième et la terminale. Aussi, seulement 26,94% des femmes sont alphabétisées et beaucoup d'entre elles n'ont pas accès à l'eau potable et aux soins de santé primaire. Au titre des doléances, elle a souhaité l'ouverture des centres permanents d'éducation dans tous les villages de la province, la création d'un centre d'éducation de base non formel, la dotation de forages dans tous les villages, la création de foyers d'internat, la formation et le recyclage des groupements et associations féminines dans les domaines porteurs, etc&
Après avoir salué les efforts consentis par l'Etat au profit de la femme Burkinabè, Chantal Ki, marraine de cette 153ème journée a reconnu qu'une réussite des actions d'alphabétisation, est une condition importante de succès dans les autres domaines de développement.
Tout en confessant que le Sourou est le premier réservoir de la main d'Suvre féminine pour les grands centres urbains de Ouaga et de Bobo, elle a martelé que cette tendance soit inversée. Pour cela ajoute-t-elle «il nous faudra développer les valeurs d'unité, de solidarité, de paix et d'abnégation au travail bien fait». Chantal Ki s'est aussi réjouie du choix porté sur elle et son association. Pour elle, ce choix est une reconnaissance à la société civile. Pour accompagner ses soeurs, elle leur a fait don d'un poste téléviseur, un décodeur, un ordinateur, une imprimante et des tableaux.
Dans son intervention le haut-commissaire du Sourou Abdoulaye Bassinga a rendu hommage à toutes les combattantes d'hier et d'aujourd'hui. A l'endroit des hommes, il a souhaité que ces derniers surpassent le complexe
de supériorité pour s'unir autour des nobles objectifs de la journée internationale de la femme «afin de bâtir un monde ou la diversité est un atout, un monde exempt de tabous et de peur, un monde ou la femme sera considérée comme une citoyenne à part entière, avant d'être une mère, une épouse , une travailleuse». A l'adresseb- ouaga (24bis) des femmes, il leur a demandé d'aplanir les divergences, de bannir de leurs comportements quotidiens la haine, la rancoeur, la division pour aborder avec beaucoup plus de sérénité les enjeux actuels et futurs liés au développement et à l'amélioration de leurs conditions de vie.
Le maire de la commune de Tougan, Sibiri Mathias a réaffirmé avec insistance sa disponibilité sans condition aucune, à accompagner utilement la gent féminine et à l'aider surtout à enregistrer des avancées encore plus significatives dans sa quête permanente pour un mieux-être. Pour témoigner cet engagement, la mairie de Tougan a supporté entièrement les frais d'un mariage collectif, au cours duquel 42 couples ont régularisé leurs situations matrimoniales. En tout cas, les petits plats ont été mis dans les grands et personne n'a regretté d'avoir fait le déplacement.
Une trentaine d'associations ont défilé au rythme de la fanfare militaire, sous le regard admirateur des Touganlais et des invités. Des images pittoresques, on en a eu droit. Et c'est tant mieux pour notre culture.
Post-scriptum : Par Serge COULIBALY
Copyright © Les Editions Le Pays Page 2/2

Rédigé par Rivages Giou

Publié dans #Actualités au burkina

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